vendredi 19 juin 2015

Les fermes du Moyen-Age, reconstitution historique au cœur de la Xaintrie limousine auvergnate

Les Fermes du Moyen âge
Le puy d'Arrel - 19 220 Saint-Julien-aux-bois
Tel. 05 55 28 31 30 ou  06 87 49 34 53

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Dans la foulée de la Révolution Française, des décisions administratives ont créé des limites géographiques (départements) là où une réelle unité de vie liait les hommes et les bêtes. C’est le cas de la Xaintrie, « pays » aux contours flous, à cheval sur la Corrèze et le Cantal.

Passionné, Pierre Gire, aidé de quelques amis, a eu l’idée et l’énergie de bâtir à l’identique un ensemble de fermes médiévales au cœur de la forêt, à l’orée de la petite commune de Saint-Julien aux Bois (Corrèze), à 7 mn de Pleaux (Cantal) et 25 kilomètres du gîte Le Fournil de Sagnabous.

A la croisée des chemins
A peine passé le bureau-boutique, le visiteur est invité à cheminer le long d’un étroit sentier ombragé qui, en une poignée de minutes, le fait basculer hors du temps. D’abord le son, le tintement des clarines de quelques vaches, associé aux sonnailles des moutons, puis, sur la droite, une remarquable croix taillée et sculptée dans la pierre – à la fois panneau indicateur et protection contre les dangers inhérents à l’époque – puis l’odeur d’herbe d’un petit champ de seigle fraichement fauché et soigneusement protégé par un barrière en bois grossièrement taillé. Enfin, la fontaine, l'abreuvoir et le lavoir, lui aussi protégé par une petite barrière, afin de conserver sa pureté à l’eau dans laquelle les femmes viendront laver le linge.


L'eau vitale
A proximité, un portillon permet d’accéder au jardinet dans lequel on apprend le nom de nombreuses plantes familières. Ici, à la fois armoire à pharmacie, potager et verger, elles sont bien plus que les ornements de nos jardins modernes.

La grange et son magnifique toit de chaume, avec, à droite, la loge du vacher? 
Surgissent enfin les maisons et bâtisses du village, très proches les unes des autres, entre lesquelles on circule par d’étroits passages. Un châton, une chienne et ses petits, un sanglier dans son enclos, quelques chèvres, des canards semblent être les gardiens des lieux pendant que les habitants sont partis aux travaux des champs. Léger sentiment d’impudeur à pénétrer dans les maisons sans y avoir été invité. 


La vie y est comme suspendue, quelques cendres dans l’âtre, un morceau de lard qui sèche, du linge sur une corde … autant de signes qui donnent vie aux lieux. Bien avant Ikéa, on savait accrocher les ustensiles du quotidien au-dessus de la table, elle-même composée d’un demi tronc à même lequel les écuelles étaient creusées.
Le rouet et la quenouille pour filer la laine
La vie de la famille s'organise autour de l'unique pièce de la maison, à la fois pièce de vie, cuisine, chambre à coucher, atelier (filage et tissage). Parfois, quand la famille s'agrandit, l'étage, auquel on accède par une simple échelle, sert de chambre à coucher pour les plus grands à côté des réserves de nourriture (châtaignes, etc).

Bien sûr, le pyjama n'existe pas, on se couche tout habillé, le lit parait moins glacial et quand ils existent, on tire les rideaux qui encadrent la couche pour, là encore, mieux garder la chaleur. Seuls les lourds sabots restent au pied du lit, emplis de paille pour protéger du mordant du froid.

L'ensemble du bâti est complété d'une petite chapelle qui jouxte le cimetière.
La chapelle du village 
Ce village raconte une histoire, la nôtre, avec beaucoup d’authenticité et de pointillisme. Le temps de la visite, nous avons touché du bout des doigts la dure vie de nos ancêtres et mesurons ainsi le chemin parcouru pour en arriver à nos modes de vie, somme toute très douillets.
Pour le transport, les chars en bois

Bibliographie : Fermes du Moyen Age en Xaintrie, Maiade éditions





lundi 10 novembre 2014

Brèves de Brive 2014 - 33è Foire du Livre

Fluidité malgré les apparences pour accéder à la halle  sur la place du 14 juillet de Brive ... 
RJ Ellory, valeur sûre de l'édition internationale
Voilà, le traditionnel rendez-vous brivois avec le petit monde littéraire est derrière nous, place aux comptables qui, seuls, décident si le cru 2014  a été bon, moyen ou mauvais.   Peu de suspense cependant puisque les premiers chiffres sont comparables à ceux de 2013 (410 000 € rien que pour le vendredi et le samedi contre 415 000 l'an dernier), considérée comme une année exceptionnelle ! Rentable, l'affaire reste pérenne. Rendez-vous donc en 2015 !

Chaque année, je me pose la question, qu'est-ce qui nous pousse vers ces grandes messes sensées célébrer la culture avec un grand "C" ? 

  • Soyons honnêtes ! La visée première est bel et bien commerciale. En effet, il s'agit, à travers la rencontre entre les auteurs et leurs lecteurs, de vendre un maximum de livres pendant une durée donnée pour que continue à vivre l'industrie du livre, auteurs et éditeurs, bien sûr, mais aussi professionnels du bois, fabricants de papier, imprimeurs, correcteurs, publicitaires, media etc ... Et la liste n'est pas exhaustive.
    Jamais si bien servi que par soi-même
  • Cependant, il existe quantité de librairies et de sites de VPC pour acheter des livres. Si le public continue de répondre présent à la foire du livre, c'est sans doute parce qu'il y trouve autre chose, un truc en plus, probablement la curiosité, pour voir "en vrai" ceux qu'il connait essentiellement à travers la télévision et les media,  la concentration d'auteurs en un lieu unique qui fait qu'il y en a "pour tous les goûts" et peut-être un certain mimitisme, Brive pouvant être perçu comme la décentralisation d'un événement typiquement parisien, le salon du livre de la Porte de Versailles.
  • Lydie Salvayre, Goncourt 2014
    Quid de la culture dans une foire du livre ? Car lire est la démarche personnelle et solitaire par excellence, pour la pratique de laquelle on s'isole, physiquement et/ou mentalement. Autant dire qu'un salon du livre se prête peu à l'exercice ; au mieux assistera-t-on à la lecture publique d'un extrait d'ouvrage ou à un débat autour d'une oeuvre. D'ailleurs, l'essentiel est peut-être là, donner envie de lire, tout simplement. Jean Teulé, président de cette 3è édition de la foire du livre de Brive s'y est attelé avec brio.
    Jean Teulé et  Marie-Ange Guillaume pour Aucun souvenir de Césarée

















Michel Denisot, comme à la télé
Finalement la recette est simple. Pour susciter l'envie de lire, il suffit de réunir un certain d'auteurs ayant une actualité comme on dit, des auteurs connus, des très connus, quelques-uns moins connus, voire totalement inconnus, des auteurs médiatisés en guise de locomotive, une guest-star de renommée internationale, d'organiser débats, forums, lectures publiques et, cerise sur le gâteau, faire en sorte que le lecteur en puissance reparte avec un maximum d'ouvrages dédicacés. 

Longtemps attendu, il est enfin arrivé !


C'est peut-être le talon d'Achille du Salon du Livre de Brive, et des salons du livre en général, certains auteurs ont été attendus longtemps, très longtemps, d'autres ne sont pas venus mais là, c'est bien connu, "les absents ont toujours tort". 

Les auteurs présents se sont prêtés de bonne grâce au jeu de la dédicace et de l'échange avec le nombreux public venu les voir en chair et en os. Parmie eux, on reconnaissait Charlotte Valandrey, Marina Carrère d'Encausse, David Foenkinos, Igor et Grichka Bogdanov, Patrice de Carolis, Jean Benguigui, Peter May, Christian Signol, Bernard Werber, Laurent Joffrin, Didier Van Cauwelaert .....

Pour finir, il est à parier que la Foire du Livre de Brive a encore de beaux jours devant elle, en témoigne le dynamisme de l'important espace jeunesse littéralement envahi par les jeunes lecteurs que les parents semblent parfois avoir du mal à suivre.
L'avenir de la foire du livre de Brive ...


dimanche 29 juin 2014

La race Salers, ambassadrice emblématique du Cantal ... en France et à travers le monde.


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Emblématique du Cantal, la race Salers est reconnaissable entre toutes grâce à sa belle robe acajou, à son poil long et frisé et à ses cornes en forme de lyre pour la femelle ou en forme de lyre incomplète pour le taureau.
Si les hypothèses sur ses origines continuent de faire débat, de Grande-Bretagne selon les uns, de la péninsule ibérique selon les autres, son ancienneté ne fait aucun doute puisqu'on en retrouve la trace dans des écrits de Pline l'Ancien, datés de l'an 23 après JC. Certains en font même la race la plus ancienne de France.

Longtemps cantonnée au travail grâce à sa robustesse et à sa résistance aux conditions climatiques extrêmes, la Salers est aujourd'hui appréciée pour la qualité de sa viande qui bénéficie d'une AOC (appellation d'origine contrôlée) et, dans une moindre mesure pour son lait, particulièrement riche, qui permet d'élaborer un Cantal spécifique, l'AOP Salers Tradition à distinguer de l'AOP Salers qui n'est pas systématiquement élaboré à partir de lait de vache Salers. Du travail à l'assiette pourrait résumer le parcours de la race ! Entre les deux, il y a eu l'intervention d'un homme, Tyssandier d'Escous, natif de Salers, petite cité du Cantal qui, au milieu du XIXè siècle, en pleine révolution agricole, a largement contribué à  l'amélioration de la Salers en préférant l'accouplement des meilleurs éléments de la race plutôt que le métissage. En 1852, grâce à ses efforts, la race, connue sous le vocable "race d'Auvergne", devenait officiellement la "race Salers". Reconnaissante, la cité sagranière a érigé une statue en son honneur sur la place qui porte toujours son nom.
Loin des records de la Prim'holstein avec ses 24 litres, la Salers réserve l'exclusivité de ses 6 à  8 litres par jour à son veau. De ce fait, la traire exige la mise en place d'un véritable subterfuge. L'éleveur attache la patte arrière du veau au devant de sa mère afin qu'il amorce la traite puis il prend le relais pendant que la mère croit encore que son veau tête. Une fois la traite terminée, le veau est détaché afin de réaliser l'égouttage. C'est sans doute parce qu'elle sait son veau timide, que la maman Salers le surveille et le protège tout particulièrement.
Aujourd'hui,  si 67 % des effectifs de la Salers sont élévés dans son berceau cantalien. sa fertilité, sa fécondité, sa longévité et sa grande facilité de vêlage, même en croisement avec des taureaux à forte musculature, l'ont faite adopter par de nombreuses régions françaises de Midi-Pyrénnées à l'Alsace-Lorraine en passant par la Picardie et même par 25 pays à travers les 5 continents.


mardi 13 mai 2014

Quand Albert II de Monaco préfère le Cantal à la Croisette ...


Le Rocher de Monaco abrite le palais princier et la vieille ville
Les 14 et 15 mai 2014 ont vu la visite officielle du Prince Albert II de Monaco et de son épouse Charlène dans le Cantal. La ruralité plutôt que le bling-bling du Festival de Cannes, voilà qui ne manquera pas d'amuser les observateurs ! Surtout l'année où  est projeté en ouverture le film Grâce de Monaco interprété par Nicole Kidman.

Avant tout, un petit retour en arrière sur les origines d'une visite annoncée depuis plus d'un an est nécessaire pour s'y retrouver dans ce qui n'est finalement qu'une histoire de rochers.

Les origines cantaliennes de Thomas Fouilleron, actuel directeur des Archives et de la Bibliothèque du palais princier de Monaco, ne sont peut-être pas étrangères à ce programme général de découverte par le prince Albert des terres françaises ayant jadis appartenu à la famille Grimaldi. Ce devrait être pour lui l'occasion de célébrer le centenaire du rachat du rocher de Carlat par sa famille et pour nous d’en savoir plus sur les liens du Cantal avec le rocher de Monaco.

En 1643, en remerciement pour l’aide apportée à la France dans le conflit l’opposant à l’Espagne, le roi Louis XIII attribue à Honoré II de Grimaldi, prince de Monaco, le Vicomté de Carlat, rebaptisé dans le même temps Comté du Carladès.  Alors qu’Henri IV avait rasé la forteresse de Carlat (Cantal) quelques années auparavant pour la punir de son insoumission et de sa tendance certaine aux complots, la centaine de paroisses sous la protection du nouveau comté dont, près de nous, Saint-Santin Cantalès, Laroquebrou, Arnac, Saint-Gérons ou encore Glénat va connaître 150 années de vie paisible malgré les nombreuses tentatives du baillage d’Aurillac pour mettre le grappin sur ces terres monégasques.
 
Qui, à part les veilles pierres du château, se souvient que, pendant 150 ans, 
Laroquebrou, partie intégrante du Comté du carladès, a appartenu aux Princes de Monaco ?
Par la suite, les biens seigneuriaux ayant été systématiquement confisqués par la Révolution Française, le Comté du Carladès, propriété des Grimaldi de Monaco, a lui aussi été saisi. La plate-forme du Rocher de Carlat a été vendue comme bien national en 1791, puis acquise par la Société de Haute Auvergne en 1910 avant d’être rachetée en 1914 par Albert 1er, prince régnant de Monaco. 
Sur les ruines de la forteresse détruite par Henri IV, 
une statue de la Vierge domine aujourd'hui
le rocher de Carlat

Et si le Prince Rainier III de Monaco n'avait pas donné son autorisation ? Serait-il  aujourd'hui interdit d'escalader le rocher de Carlat ?  

En revanche, Louis II de Monaco a été le dernier à porter le titre français de Comte du Carladès. En effet, en 1919, au sortir de la première guerre mondiale et pour éviter que le titre de prince régnant de Monaco n’échoit à un prince allemand, Raymond Poincaré, alors Président du Conseil et ancien avocat des Grimaldi, incita Louis II, sans descendant, à légitimer Charlotte, sa fille née d’une relation adultérine, future mère de Rainier III. A cause de cette filiation féminine, illégitime et adoptive, le titre français de Comte du Carladès ne peut plus être porté par les Princes de Monaco.

Que ce soit La Montagne ou La voix du Cantal, les journaux locaux ont largement rendus  compte de cette première visite d'un chef d'état dans notre départemement.
Alors sans doute y a t-il des destinations plus glamours que le Cantal comme l'écrit le site internet potins.net, mais peu importe, les Cantaliens  retiendront tout simplement que leur département a été préféré à la Croisette par le Prince Albert II.

mardi 4 mars 2014

Le bonheur est dans le pré ? .... hum ! pas sûr !

Bâtie en 1825, la grange de Sagnabous (Cantal)
témoigne d'un passé pas si lointain
Patricia, éleveuse de vaches Salers dans le Cantal, témoigne de la réalité du monde agricole : 

"Aujourd’ hui j’ai envie de vous parler d’un truc qui me tient à cœur depuis longtemps…. Ho, je sais qu’on ne va pas être tous d’accord mais on n’est pas des sauvages…on peut discuter non ? Il y a une émission qui passe sur une chaine depuis quelques années sur les agriculteurs… ho je ne vais pas y craché dessus parce que je suis la première a la regardé mais…. Moi je la regarde pour plusieurs choses, je me dis … Alors voyons voir pour quoi on va encore passé cette année ? Ou voyons voir si encore on va voir les plus gros tracteurs ? Mais jamais je ne regarde cette émission en me disant ça va les aidé, ils vont être heureux ! Cette émission nous fais parfois passé des moins que rien, la première fois que je l’ai regardé il y avait un agriculteur, disons qu’ il était resté(dans son temps) il n’avait pas évolué, il vivait à l’ancienne et les nénettes qui s’était inscrite pour lui, ce n’était que des paris entre copains, et vous pensez que cette émission peut rendre les gens heureux, ce pauvre type et je prends celui-là en ex mais combien y en as ?? Ce pauvre type a été la risée de tout le monde, on attendez la prochaine émission juste pour savoir ce qu’ on allais voir encore, et pourtant au fond ce type y avais pas plus sincère que lui caméra ou pas il était lui…il ne savais pas faire autrement d’ailleurs !j’ai eu les boules pour lui…parce que je n’aimes pas qu’ on se servent des gens pour faire de l’audience, il était simple c’est vrai, il n’avait pas évolué c’est vrai, mais on voyais bien que ce type aurais donné sa chemise pour réchauffé quelque’ un d autre !et au faite quelqu’ un s est -il préoccupé après cette émission de ce qu’ il était devenu ?parce que derrière cette personne simple, il y a un cœur alors qu'est-ce qui nous dis qu’ il n’a pas plus souffert au lieu de trouvé du bonheur ! Ou alors, ça va être le contraire….on va voir de super mec paysans d’ailleurs on se demande bien si ils ont besoin de cette émission pour trouver une nénette ! Ou alors des structures énormes avec des tracteurs qui coutent la peau des fesses et là t’as les gens derrière leur écrans qui se disent (mais à juste titre finalement) mais de quoi ils se plaignent ces paysans, ils ont des tracteurs qui valent des maisons ! Alors c’est sûr avec tout ça on fait de l’audience mais sachez que la réalité des choses ce n’est pas ça…. la réalité est tellement difficile qu’on l’étouffe elle n’est pas en avant a la télé, elle la réalité !et pourquoi parce que cette réalité-là, fais peur ! La réalité c’est qu’ on pousse un agri a achetez régulièrement un tracteur pour payer un peu moins de MSA, la réalité c’est que plein d’agriculteurs n’y arrive pas même en bossant 15h par jour parce qu’ on nous taxe de partout, la réalité c’est qu’ on nous impose des normes qui nous foute par terre, la réalité c’est que notre travail n’est pas rémunéré correctement, la réalité c’est que certain paysans vivent avec l’équivalent d’un rsa mais en bossant 15h par jour, ça c’est la réalité ! Au faite pourquoi il n’existe pas une émission l’amour est dans la ville ?? N’y a pas de célibataire en ville ?? Ho, mince et l’audience, elle ne serait pas la même !"

Texte rédigé par Patricia du GAEC FREYSSAC (Cantal)
https://www.facebook.com/pages/Elevage-de-vaches-salersElevage-GAEC-Freyssac/164178163628018

samedi 15 février 2014

Patrimoine bâti du Cantal, du stratovolcan à la pierre taillée

Cantal ? Vous avez dit Cantal ? Quelle image s’impose à qui entend ce mot ? Le fromage ? Le département ? Le pays vert ? Le château d’eau de la France ? Le plus grand volcan d’Europe ? Un peu tout cela et peut-être un peu plus encore !

Décroissance démographique quasi continue :
Avec une population plus ou moins stabilisée à 147 577 (1) – que viennent renforcer quelques 250 000 têtes de bétail - le Cantal fait partie de ces territoires ruraux profondément affectés par les conséquences de l’exode rural des siècles passés.

Le Cantal, qui doit son nom à la création, sous la Révolution Française, des départements par le décret du 4 mars 1790, a bénéficié dans la foulée du premier recensement de son histoire en 1791 : 239 972 âmes, presque un tiers de plus qu’aujourd’hui !

Le pic de population a été atteint en 1826 avec 262 013 cantaliens recensés pour diminuer d’environ 20 000 entre 1836 et  1866, puis décroître plus lentement jusqu’à la guerre de 1870 (moins 5 000). La première guerre mondiale portera un grand coup à la démographie cantalienne qui passe de 223 361 habitants en 1911 à 199 402 en 1921, puis à 146 843 en 1946 (plus de détails sur le site du SPLAF)

Un patrimoine bâti vidé de ses occupants :
Photogénique xantheria parietina
Ce petit rappel démographique préalable était nécessaire pour comprendre pourquoi le patrimoine bâti est si important dans le Cantal. En effet, il faudrait être aveugle pour ne pas voir les nombreuses maisons aux proportions parfois très imposantes aux volets clos. Certaines sont des résidences secondaires, d’autres purement et simplement abandonnées. Et pourtant elles sont toutes là, solidement implantées, toujours debout malgré les outrages du temps, de la végétation envahissante ou encore des champignons Xanthoria parietina » lichen reconnaissable à sa couleur jaune orangée. Toutes témoignent cependant d’une occupation passée et d’une époque révolue.

Volonté de quelques-uns, envie de changer de vie de quelques autres, certaines constructions réchappent à cet état d’abandon. C’est le cas au hameau de Sagnabous, proche de Laroquebrou (6 km) et rattaché à Saint-Santin Cantalès (12 km). Certes, il est loin le temps où le hameau pouvait se vanter d’abriter une quarantaine de personnes mais aujourd’hui le hameau, habité, revit. Le gîte Le Fournil de Sagnabous fait partie de ces constructions. Mais avant de l’évoquer, faisons un petit retour en arrière.

La pierre, fruit de l’activité du stratovolcan, pour matière première :

Le terme "puy" désigne des sommets d'origine volcanique
Il y a plus de 7 millions d’années, bien avant l’arrivée des hommes, le stratovolcan (http://) qui compose le massif cantalien voit la succession de longues périodes de glaciation, d’érosion, de coulées de lave et de dépôts pyroclastiques. En découle une réelle diversité de roches disponibles pour la construction dont témoigne l'appareillage des murs érigés par l’homme. Il n’est pas rare de trouver encore debout des constructions vieilles de près de 800 ans. 
Plaque de datation des anciens hospices de Laroquebrou

Ainsi, à Laroquebrou, la plaque de datation au-dessus de la porte des anciens hospices affiche « l’an 1300 ». Quand on vous dit que les anciens savaient bâtir « solide » ! Selon les endroits, on trouve de belles façades en pierres équarries d’où un appareillage d’aspect régulier, ou taillées, selon leur dureté, dans la roche volcanique, le basalte, le trachyte et dans les roches métamorphiques, le gneiss, le schiste ou le granit. Les portes et fenêtres bénéficient, elles, d'encadrements avec linteaux et d’appuis travaillés et façonnés.

Appuis de fenêtres à moulures

Le gîte Le Fournil de Sagnabous est exemplaire de ce type de construction avec de belles moulures aux appuis de deux de ses fenêtres, étonnantes s'agissant d'un fournil et, qui sait ? peut-être récupérées sur des constructions plus anciennes ? 

Quant au linteau de porte il est taillé dans la masse et surmonté du traditionnel triangle de décharge.
Sa maçonnerie extérieure, toute en pierres apparentes mélangeant basaltes, trachytes, granites et schistes, synonymes de durabilité, semblait avoir été faite en pierres sèches, le liant ayant disparu au fil du temps. En effet, dans la deuxième moitié du XVIIè siècle, il était classique d’utiliser un mortier à base de terre argileuse, bien moins onéreux que la chaux, mais aussi bien plus fragile.

Triangle de décharge visible au-dessus du linteau de la porte du gîte

Les entreprises de maçonnerie locales possèdent un réel savoir-faire dans la réhabilitation, dans les règles de l’art, de ces matériaux nobles. C’est donc tout naturellement vers l’une d’entre elles que nous nous sommes tournés pour rénover l’extérieur du Fournil de Sagnabous. Le résultat a dépassé toutes nos attentes, tant dans la couleur qui se fond harmonieusement à celle des pierres que dans le fini du sol à  la toiture.
En retrouvant son liant, cette fois-ci à base de chaux grasse et de sable, le Fournil de Sagnabous a pris un coup de jeune que ses bâtisseurs d’origine ne devraient pas renier. Il y a là une sorte d’hommage au génie de nos ancêtres qui savaient construire en fonction du terrain, les ouvertures au sud, tout en tenant compte de la respiration nécessaire à la salubrité du bâtiment.

Bienvenue au gîte Le Fournil de Sagnabous (www.giteducantal.fr)

jeudi 9 janvier 2014

Pour en finir avec les arnaques aux hébergements de vacances en location directe en France

ARNAQUE AUX PROPRIETAIRES DE GITE : depuis la mise en ligne de cet article, le Fournil de Sagnabous a été contacté par un interlocteur disant appeler de Londres et, comme pour prouver la fiabilité et la légitimité de sa démarche, il nous a demandé  de nous connecter en direct à un site internet (en l'occurence http://www.alwaysonvacation.fr, site multilingue, bourré de fautes et de non sens géographiques). En fait, sous prétexte de publier une annonce à l'internationalil s'agit de donner son numéro de carte bancaire ou d'effectuer un paiement par Paypal avec engagement et renouvellement automatiques et systématiques.
NE JAMAIS DONNER SUITE A CE TYPE DE DEMARCHES ....

Et voilà, c’en est terminé de 2013. Vive 2014 !
Parmi les projets des uns et des autres, les vacances tiennent une part non négligeable. Et si celles-ci commençaient dès la réservation, avec le plaisir de choisir son lieu de villégiature et son hébergement ?
La récente mésaventure, largement relatée par les media, d’une famille victime d’une arnaque à la location de vacances à Châtel, station de ski familiale de Haute-Savoie, est encore dans toutes les mémoires. Et nous sommes nombreux à croire faire une bonne affaire, en passant par des sites d’annonces en ligne. Dans l’affaire en question, il ne s’agissait pas d’un site sorti de nulle part mais  « pignon sur rue », connu de tous, le célèbre www.leboncoin.fr. Connu ou pas, quel site d'envergure peut vérifier l'honnêteté des annonces qui y sont publiés ? Aucun, et comme dans tant de domaines, il ne faut compter que sur soi.
Dans l'affaire en question, il faut saluer la réactivité des Châtellans ; en effet ayant à cœur de ne pas entâcher leur bonne réputation, ils ont mis en place une belle chaîne de solidarité afin de minorer les conséquences de cette arnaque pour la famille concernée.
Depuis cette histoire, tant sur le net que dans les journaux, chacun y est allé de ses conseils anti-arnaque. Il faut avoir à l’esprit qu’en matière d’arnaque, c’est un peu comme avec les accidents, il y a rarement une cause unique mais plutôt la conjonction de plusieurs causes. La comparaison va même plus loin. Si le véhicule est généralement la cause de l’accident (piéton renversé sur un passage protégé), il peut aussi en être victime (éclatement pneu, collision avec un animal, etc), de la même manière, si l’arnaque est souvent le fait du loueur, elle peut aussi être celui du locataire.

Soyons clairs, Internet est un outil extraordinaire et si les arnaques y pullulent, les moyens de les déjouer aussi, tout en permettant de protéger tant le loueur que le locataire. Voyons comment ?

1°) Privilégier les propriétaires résidant en France pour des biens situés en France, disposant d’un site internet, d’un blog, d’un page Facebook ET d’un label (Gîtes de France, Clévacances, Fleurs de soleil, Bienvenue à la ferme, etc). Tout en étant référencés par ces labels, de plus en plus de propriétaires gèrent eux-mêmes leurs réservations via leur site internet, cela s'appelle la location directe. Cela permet aux deux parties d'économiser les frais de réservation appliqués par les centrales. Le fait d’accepter les chèques vacances est aussi un gage de sérieux car, pour se faire, le propriétaire doit, au préalable, adhérer à l’ANCV.
L'Agence Nationale de Chèques Vacances
  • Il est ainsi aisé de géolocaliser l’hébergement via Google map, de s’assurer de la concordance entre l’adresse du propriétaire et celle à laquelle le chèque d’acompte est adressé,
  • le site, le blog, la page Facebook et le label permettent de recouper les informations diffusées,
  • les labels imposent aux propriétaires des normes de confort souvent supérieures à celles des préfectures.
2°) Prise de contact téléphonique :
Rien ne vaut ce bon vieux coup de fil
  • un premier contact sera riche d’enseignement de part et d’autre, il permet d’établir un premier courant de sympathie, d’obtenir des réponses claires aux questions que l’on se pose (environnement et localisation précises, distances des principaux lieux d’intérêt, etc).
  • Un deuxième appel de courtoisie pour prévenir de son heure prévisible d’arrivée augmente les chances de trouver quelqu’un à l’arrivée

3°) Réserver suffisamment à l’avance et régler l’acompte par chèque bancaire :
Le chèque, un moyen de paiement facile à tracer.
  • un chèque, avec ou sans provision, laisse une trace et il est aisé de remonter aux sources.
  • un délai suffisant permet de s’assurer que le compte est provisionné
  • Le bon sens commande de bannir les transferts d’argent, sans tiers identifié.
  • Les tarifs étant établis par les labels à la Toussaint pour la saison suivante, il est totalement illusoire d’attendre le dernier moment pour bénéficier d’hypothétiques meilleurs tarifs, par contre, c’est la garantie de ne plus avoir le choix parmi les hébergements proposés et de choisir … par défaut.

4°) Formaliser la réservation par un contrat signé par les deux parties, si possible accompagné des conditions générales de réservation et d’un descriptif détaillé de l’hébergement et de l'acompte par chèque.
Les écrits restent ...

Pour conclure,
  • il est bon de rappeler le vieil adage selon lequel « un homme averti en vaut deux ». Sans pigeon, pas d’arnaque !
  • en suivant 100 % des conseils énumérés ci-dessus, le risque d’arnaque devrait être proche de zéro.
  • Au moindre doute, un appel téléphonique au label qui répertorie l’hébergement devrait rassurer les plus sceptiques.  
N'oubliez pas ! Le plaisir des vacances commence dès la réservation. En vous y prenant à l'avance, vous avez le choix :
  • du lieu de villégiature, 
  • de l'hébergement dont vous avez envie, 
  • des dates qui vous intéressent.
Voir aussi Le bon coin et paypal sur le site officiel de PayPal et sur rue89